
Peine de mort : silence, on tue !
À eux seuls, ces deux pays du Moyen-Orient auront exécuté deux fois plus de condamnés à mort en 2022 qu'en 2021, selon le rapport annuel d’Amnesty. À l'échelle mondiale, la peine capitale a été appliquée 883 fois l'an passé. Selon le dernier rapport d’Amnesty International, les exécutions sont en augmentation de 53% en 2022 dans le monde. Au total, vingt pays ont procédé à des exécutions, entre Soudan du sud, Somalie, Koweït, Singapour, Irak, États-Unis et Égypte. Mais dans tous ces chiffres, une inconnue demeure, et elle est de taille : le nombre réel d'exécutions pratiquées en Chine. En effet, dans ce pays, les statistiques sur la peine capitale sont tout simplement classées secret d’État. Si Amnesty International a cessé depuis 2009 de publier des estimations concernant le recours à la peine capitale en Chine, on estime que des milliers de personnes sont condamnées à mort et exécutées dans ce pays chaque année. De quoi placer l'Empire du Milieu sur la plus haute place du podium de la peine de mort à l'échelle mondiale.
Pendant ce temps, petit à petit, l'abolition gagne néanmoins du terrain. Le rapport 2022 de l'association Amnesty note que six pays ont aboli entièrement ou partiellement la peine de mort l'an passé. Le Kazakhstan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Sierra Leone et la République centrafricaine l’ont abolie pour tous les crimes. La Guinée équatoriale et la Zambie l’ont uniquement supprimée pour les crimes de droit commun. En 1977, lorsque Amnesty International a commencé à faire campagne pour l’abolition de la peine de mort, seuls 16 pays avaient aboli ce châtiment pour tous les crimes. Fin 2022, 112 pays avaient d'ores et déjà décidé d'abolir la peine de mort pour tous les crimes, et neuf uniquement pour les crimes de droit commun. Au total, 144 pays sont aujourd'hui abolitionnistes. Désormais, seule une minorité de pays, de plus en plus isolés, ont encore recours activement à la peine de mort. "La peine de mort et la torture sont la négation absolue des droits humains. Aucun être humain ne doit y être soumis" affirme Amnesty International qui exige "l’abolition universelle de ces pratiques."