
Nos policiers et nos gendarmes sont au bout du rouleau !
Le matériel n’est pas seul en cause : la reconnaissance pour les missions remplies coûte que coûte et une véritable formation continue font partie des revendications majeures des forces de sécurité intérieure. La vie quotidienne des policiers et des gendarmes reste en outre compliquée par les exaspérantes pesanteurs de l’administration, qu’il s’agisse de renouveler les stocks de papier et de cartouches d’encre pour la photocopieuse ou d’obtenir des blocs-notes et des stylos… Plus grave : les restrictions budgétaires plombent, si l’on ose dire, l’entraînement au tir des policiers et des gendarmes.
Un rapport saisissant d'une commission d'enquête sénatoriale sur «l'état de la sécurité intérieure» vient d’être dévoilé par Le Figaro. Les sénateurs y détaillent les causes de ce grand désarroi (« malaise », « mal-être », « perte de sens », « démotivation » et « découragement ») des policiers et des gendarmes auditionnés au cours de six mois d’enquête. «Avec les cycles de travail actuels, un policier passe un week-end sur quatre ou sur cinq en famille», note la commission, qui dénonce «des rythmes pénibles et déstructurants». Alors que 10.000 nouveaux emplois dans la sécurité intérieure doivent être créés d'ici à 2022, le rapport formule 32 propositions pour provoquer un «électrochoc». La commission d'enquête propose notamment de consacrer un budget obligatoire au règlement des heures supplémentaires réalisées par les personnels, ainsi qu’à leurs besoins en immobilier, en équipements, ainsi qu’au renouvellement du parc automobile. Leur vétusté donne une «impression de déclassement qui peut affecter profondément le moral des agents» et «porte atteinte à la dignité de la fonction policière vis-à-vis de la population». Signe particulièrement préoccupant, la multiplication des démissions d’officiers de police judiciaire : lors de son audition, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a révélé qu’ils ont été quelque 2 600 à rendre leur accréditation en 2017.