
Mayotte, une île et un département en colère
Démographie d’abord : on compte chaque année plus de 10.000 naissances dans la maternité de l’île. Soit deux fois plus que la plus importante d’Ile-de-France ! 70% des parents viennent des Comores voisines, à 70 kilomètres de là, au point que l’Etat français réfléchit à un statut extra-territorial pour cette maternité afin d’éviter que ne s’applique le droit du sol.
Immigration, ensuite : sur l’île, 45% de la population est en fait étrangère, la moitié se trouvant en situation irrégulière, selon les données de l’Insee, saturant littéralement les services publics (hôpitaux, écoles…). En trente ans, la population a quadruplé, mais pas les infrastructures. Des violences aux abords des établissements scolaires, mi février ont engendré la crise actuelle, entraînant le doit de retrait des personnels de trois lycées, puis des conducteurs de bus suite à des caillassages. Le gouvernement a promis l’envoi d’un millier de personnels de sécurité supplémentaires sur l’île.
Chômage et pauvreté de masse, enfin : alors que le taux de chômage sur l’île bat des records, 26% - au sens du Bureau international du travail (BIT) - voire 40% selon d’autres estimations, contre 9,2% au niveau national, 84% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. C’est donc sur une île en colère que se rend la ministre des Outre-mer, avec face à elle un port bloqué, des barrages routiers. Une île qui attend de la France de véritables mesures et non de simples annonces, et d’être traitée comme les autres départements, avec les mêmes droits et les mêmes prestations ...