
Jeunes paysans : « Un prêt à 400.000 euros et une vie au RSA »
« Quand on est jeune, on ne sait pas tout, on est content de s'installer et donc on signe », témoigne Marc, jeune père de famille, qui a fait une tentative de suicide deux ans après son installation. En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours, soit un taux de 20% supérieur à celui du reste de la population.
En Mayenne, l’association Solidarité Paysans suit 53 familles en difficulté, dont près de la moitié au cours de l’année 2017. Malgré les crises à répétition (porcine, volaille, laitière) de l’agriculture française, quasiment tous les dossiers d’installation sont approuvés par la Commission départementale d'orientation agricole (CDOA) où sont représentés syndicats, banques et administration publique. « La profession ne fait pas son boulot », regrette Solidarité Paysans. Certes, le taux de maintien des nouveaux agriculteurs après cinq années s'élève à plus de 86%, mais près de 30 % des exploitants agricoles avaient en 2016 un revenu inférieur à 350 € par mois, et 20% étaient en déficit…
Le Crédit Agricole assure qu’il est en train de « changer d’approche » en dressant dès six mois un premier bilan avec les jeunes agriculteurs pour les aider à faire face à la volatilité des prix et à un marché devenu international…Mais l’accord de libre-échange envisagé entre l’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) n’est pas fait pour rassurer les agriculteurs français. « Au moment où les exigences à leurs égards ne cessent de s'accroître, [ils] vont subir des importations massives de produits dont les méthodes de production sont interdites en France », dénoncent la FNSEA et les Jeunes agriculteurs. On saura bientôt si Emmanuel Macron est parvenu à apaiser leurs craintes.