
Carburez (modérément) au (bon) vin rouge !
En effet, explique Caroline Le Roy, spécialiste du microbiote intestinal au King’s College, les polyphénols présents surtout dans le vin rouge ont dans l’intestin un effet similaire à celui qu’ils opèrent chez les plantes : « [elles] s’en servent pour éloigner des bactéries pathogènes, et pour attirer d’autres bactéries qui peuvent au contraire se nourrir de ces polyphénols. » De même, dans l’intestin, les polyphénols éloigneraient les bactéries pathogènes et faciliteraient la colonisation par des bactéries bénéfiques en leur servant de carburant.
Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont comparé les effets de la bière, du cidre, des spiritueux, du vin rouge et du vin blanc sur le microbiote intestinal de 916 sœurs jumelles britanniques. Ils ont constaté que celles qui avaient bu du vin rouge avaient une flore intestinale plus diversifiée que celles qui n'en avaient pas consommé. Des expériences similaires (prenant en compte l’âge, le poids, le régime alimentaire et le statut socio-économique des participants) réalisées au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Belgique ont abouti à des résultats semblables. Selon Tim Spector, un des auteurs de l'étude, celle-ci serait l’ « une des plus grandes jamais consacrées à l’exploration des effets du vin rouge sur les intestins de près de trois mille personnes dans trois pays différents.»
Gardons-nous cependant de sombrer dans l’ivrognerie ! Selon Caroline Le Roy, même une consommation très occasionnelle de vin rouge, par exemple une fois toutes les deux semaines, serait suffisante pour obtenir un bon résultat...