
Arabie Saoudite : la nuit des longs couteaux
Signe de la volonté du Prince Mohammed bin Salman de consolider son futur pouvoir, même le prince milliardaire Alwaleed bin Talal, notamment propriétaire du George V à Paris, dort en prison. Après avoir remporté la course à la succession en juin dernier, aux dépens de son cousin plus âgé Mohammad bin Nayef, le jeune prince semble vouloir faire la démonstration de sa force comme de sa volonté. Les messages de réforme et de démocratisation adressés au monde s'étaient déjà multipliés ces derniers temps... D’un côté, les femmes se verront enfin autorisées à conduire dès l’an prochain, ainsi qu'à fréquenter les cinémas. De l’autre, le pays semble préparer l’ère de l’après pétrole, en jouant la carte du tourisme et en bâtissant une gigantesque cité du futur, dévoilée la semaine dernière, aux travaux financés par la vente d’actifs de l’Etat saoudien. En même temps, côté politique étrangère, l’héritier du trône veille à marginaliser le rival sunnite de l’Arabie Saoudite, le Qatar, tout en menant une guerre des plus sanglantes au Yemen contre les Houthis soutenus par l’Iran. S’ajoute à cela la démission surprise ce week-end, depuis l’Arabie Saoudite, du premier ministre du Liban, Saad Hariri, dans le but d’isoler le Hezbollah et d’intensifier plus encore le conflit avec l’Iran. Quelle direction va finalement prendre le plus conservateur des états du golfe sous la houlette de ce nouveau maître? Les ondes de choc de la nuit des longs couteaux de samedi dernier ne font que commencer.